DPE : ce qui change en 2026 et comment améliorer sa note
Nouveaux seuils, interdictions locatives des passoires thermiques et leviers techniques concrets pour gagner une ou plusieurs classes au DPE.

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) n'est plus un simple document informatif : il conditionne aujourd'hui la valeur d'un bien à la revente, le loyer que l'on peut demander, et même la possibilité pure et simple de mettre un logement en location. Comprendre son fonctionnement — et savoir comment gagner des classes — est devenu essentiel pour tout propriétaire.
Un calcul unifié depuis 2021, ajusté chaque année
Depuis la réforme de juillet 2021, le DPE repose sur une méthode de calcul unique (méthode 3CL), opposable juridiquement au propriétaire. Il n'est plus possible de produire un DPE « sur factures » : le diagnostiqueur analyse les caractéristiques réelles du bâti (isolation, menuiseries, système de chauffage, production d'eau chaude, ventilation) et applique un moteur de calcul standardisé.
La note finale s'exprime toujours de A à G et combine deux indicateurs :
- La consommation d'énergie primaire (en kWh/m²/an)
- Les émissions de gaz à effet de serre (en kgCO₂/m²/an)
C'est la plus mauvaise des deux notes qui l'emporte. Un logement peu consommateur mais chauffé au fioul peut donc être classé F ou G à cause de son empreinte carbone.
Le calendrier des interdictions locatives
La loi Climat & Résilience a acté un calendrier progressif d'interdictions de mise en location pour les logements les plus énergivores :
- Depuis 2023 — les logements consommant plus de 450 kWh/m²/an ne peuvent plus être loués.
- Depuis 2025 — interdiction de louer les logements classés G.
- 2028 — interdiction pour les logements classés F.
- 2034 — interdiction pour les logements classés E.
Concrètement, un bail existant peut arriver à échéance sans pouvoir être reconduit ou renouvelé si le logement tombe dans la catégorie interdite au moment du renouvellement. Un logement classé F ou G ne peut par ailleurs plus voir son loyer augmenter, même sous le régime de l'IRL.
Les leviers techniques pour gagner des classes
Améliorer un DPE ne repose jamais sur un seul geste : c'est la combinaison de plusieurs actions qui fait basculer la note. Voici les leviers les plus efficaces, classés par retour sur investissement typique :
- Isolation des combles et de la toiture. C'est presque toujours l'action au meilleur ratio coût/gain énergétique — jusqu'à 30 % des déperditions thermiques d'une maison individuelle passent par le toit.
- Isolation des murs par l'extérieur — traite les ponts thermiques, valorise la façade, ne réduit pas la surface habitable et peut faire gagner deux classes à elle seule sur une maison ancienne.
- Remplacement des menuiseries — passage au double vitrage à isolation renforcée (Uw ≤ 1,3 W/m².K), voire au triple vitrage pour les climats rigoureux.
- Changement du système de chauffage — remplacement d'une chaudière fioul ou gaz par une pompe à chaleur air/eau, un poêle à granulés ou un raccordement à un réseau de chaleur.
- Installation d'une VMC double flux — indispensable dès que l'enveloppe devient très étanche, sous peine de dégrader la qualité de l'air intérieur.
L'audit énergétique, préalable indispensable
Avant d'engager des travaux, un audit énergétique réglementaire permet de prioriser les actions et de simuler les gains obtenus après chaque scénario. Il est d'ailleurs devenu obligatoire depuis 2023 pour la vente d'un logement classé F ou G, et depuis 2025 pour les logements E.
L'audit propose deux à trois scénarios de travaux avec, pour chacun : coût estimé, gain énergétique, économies attendues sur les factures, et aides mobilisables. C'est ce document qui sert de socle au parcours MaPrimeRénov' rénovation d'ampleur.
Erreurs fréquentes à éviter
- Traiter uniquement le chauffage sans améliorer l'enveloppe : la pompe à chaleur perd son intérêt si les déperditions restent élevées.
- Oublier la ventilation : une isolation performante sans VMC adaptée conduit à des désordres (humidité, moisissures, dégradation de la qualité de l'air).
- Signer les devis avant validation MaPrimeRénov' : l'aide est perdue.
- Sous-dimensionner l'isolation : un R = 4,5 m².K/W en toiture est un minimum, un R = 7 est souvent plus rentable sur la durée.
Une entreprise générale du bâtiment coordonne tous ces lots dans le bon ordre et sur un calendrier maîtrisé — c'est le meilleur moyen d'obtenir un vrai saut de classes plutôt qu'une amélioration cosmétique.
Questions fréquentes
- Un DPE est-il valable combien de temps ?
- 10 ans pour un DPE réalisé après le 1er juillet 2021. Les DPE établis entre 2013 et 2017 ne sont plus valables depuis fin 2022, et ceux réalisés entre 2018 et le 30 juin 2021 ne sont plus valables depuis fin 2024. Un nouveau diagnostic est donc obligatoire pour toute vente ou location.
- Peut-on contester un DPE que l'on juge trop sévère ?
- Oui. Le propriétaire peut demander une contre-expertise à un autre diagnostiqueur certifié. Si les deux DPE divergent significativement, il est possible de saisir le service qualité du certificateur, voire la DGCCRF. Vérifier surtout que la surface saisie, l'année de construction, la nature des isolants et le système de chauffage principal sont correctement renseignés.
- Combien coûte un audit énergétique réglementaire ?
- Entre 500 et 1 000 € pour une maison individuelle, davantage pour un immeuble collectif. MaPrimeRénov' finance une partie de cet audit (jusqu'à 500 € pour les ménages modestes) lorsqu'il est réalisé par un opérateur agréé.
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